Comment rédiger ses titres de pages Web[2]
Sans
un contenu de qualité un site Web ne vaut pas grand-chose.
Les internautes ne vont pas sur votre site pour admirer son design ni pour vous lire mais, pour
y trouver une information dont ils ont besoin.
C'est le titre qui va les conduire à lire votre page et ce sont ses premiers
mots qui vont déterminer son intérêt.
Comment s'organise un article dans la Presse papier ?
Mais avant de vous embarquer dans la construction du titre, je vous emmène faire un tour dans la salle de rédaction d'un magazine. La visite est guidée. Elle permettra de comprendre comment dans ces vieux pots que sont les journaux on trouve les meilleures confitures de l'Écrit.
Prenons une page du magazine « Le Point », piochée au hasard,
et regardez
attentivement
les blocs de textes du début.
Dans la Presse l'ensemble constitué par le titre
et ses annexes porte le nom de titraille.
Nous
avons tout d'abord une catégorie (Économie, Sports etc.) : c'est la rubrique.
Puis
un
surtitre (qu'on appelle aussi casquette),
juste au-dessus du titre, et généralement en caractères plus petits que le titre.
Si
la casquette est sous le titre on la nomme alors... sous-titre (étonnant
non ?) qui se place donc entre le titre et le chapeau que les
pros nomment « chapô ». Les casquettes
et autres sous-titres offrent un
complément d'information ou précisent le titre.
Le chapô vient ensuite introduire
le sujet ou le résumer. Ce chapô on peut le trouver en première page en suite
du titre avec un renvoi « lire la suite en page... » vers l'article qui prend
alors le nom de « tourne ».
Ensuite vient l'attaque (ici, « Alain
n'en pouvait plus »). C'est la première phrase du premier paragraphe. Elle doit
surprendre le lecteur, l'interpeller pour l'inciter à lire la suite.
La suite, si l'article est long, est structurée par des intertitres que
les pros nomment « inters ». Les inters servent
à relancer l'intérêt du lecteur.
La relance c'est ce bloc séparé (à droite
au centre à gauche, où vous voulez) qui met en exergue une phrase
forte extraite de l'article. Elle apporte aussi un élément important dans le premier niveau de lecture.
Enfin, l'article se termine par la chute qui vient fermer le sujet.
En théorie, il devrait suffire de lire casquettes, titres, chapôs, relances et
inters pour connaître les informations essentielles d'un article.
Je répète pour ceux qui scannent (au lieu de lire) cette page :
Il devrait suffire de lire casquettes, titres, chapôs, relances et inters pour connaître les informations essentielles d'un article
Cette phrase prend tout son sens quand on connaît les mœurs de l'homo-internetus en matière d'ingestion d'informations. Il ne lit, il balaie d'abord la page pour vérifier que son contenu correspond bien à ses attentes. Pour l'internaute, la structure de la page peut être ainsi optimisée en reprenant ces règles éditoriales. Mais il en va tout autrement en ce qui concerne le titre.
Les micro-contenus
Sur le Web, on trouve le meilleur et le pire —le pire étant ailleurs
bien sûr. On peut ainsi lire dans l'article de Wikipedia sur les
micro-contenus que
la titraille dans la Presse s'appelle « microcontenu » Ah bon !? Allons plus loin...
La définition
de micro-contenu dans
l'édition en anglais de Wikipedia me paraît beaucoup plus claire et, chose intéressante,
nous fait découvrir un article, datant de 1998, de Monsieur
Jacob NielsenLe lien conduit vers sa mini-bio de Wikipedia [fr],
le lamachoisissez celui qui vous convient le
mieux
de
l'utilisabilité des sites Web.
2 points, ouvrons les guillemets...
Contrairement à la Presse papier, le titre d'une page Web doit pouvoir être compris hors contexte. Ce micro-contenu de 40 à 60 caractères qui explique ce que le lecteur va trouver dans votre article, doit être conçu comme un objet autonome1.
Votre titre devient ainsi une bouteille à la mer qui peut
s'échouer sur la plage des SERP par
exemple. Votre visiteur va devoir choisir parmi des millions de bouteilles celle
qu'il va ouvrir pour découvrir le message qui se trouve dedans.
Il va considérer celles qui sont à sa portée et saisir celle qui
aura su attirer son attention.
Le titre de votre page ne sert donc à rien quand le visiteur est sur votre page. Votre visiteur l'a déjà découvert sur la plage dans les SERP, ou ailleurs (dans les messages courriels, dans les backlinks de toutes sortes : forums, commentaires dans les blogs etc.).
Comment allons-nous réussir à faire choisir par notre internaute
notre bouteille ? C'est que nous allons découvrir dans le prochain épisode sobrement
intitulé : « Ces titres qui font gagner des lecteurs ».
Vous pouvez ranger vos cartables.
Sources
- Traduction librement adaptée de
Micro-contenus : comment écrire des « gros titres », des titres de page...










Pob le 28.08.2008 @ 22:53
Toujours aussi instructif, ça me rappelle quelques uns de mes cours d'écriture journalistique. Je suis entièrement d'accord avec toi sur le principe du titre accrocheur. Le problème des jeux de mots dans les titres par exemple est que les moteurs y portent une grande attention (souvent dans des balises h1) c'est pourquoi pour positionner un article, on conseille souvent d'y utiliser des mots-clés.

Mais qu'est ce qui est le plus important ? la position ou le trafic ? Je dirais le trafic car le but d'un article est d'être lu ! Puis dans les digg-like par exemple, ce sont les titres accrocheurs qui sont les plus prisés... mais bon le problème se pose puisqu'une bonne position peut être génératrice de trafic !
Décidément j'adore ton blog