Savoir rédiger pour être lu et convaincre [1]
À l’école vous étiez mauvais en dissertation ?
Les difficultés de notre langue vous ont dégoûté d’écrire ?
Rassurez-vous : les qualités à mettre en œuvre pour produire des écrits professionnels
n’ont rien à voir avec la littérature.
L’écrit professionnel vise un objectif
opérationnel. Laissez les effets de style, les images et métaphores aux écrivains.
Votre lecteur vient chercher une information. Pas de la lecture.
Au « bien écrire » préférez donc l’« écrire efficacement ». Vous serez surpris
de constater qu’avec un peu de savoir-faire, de la méthode et du bon sens, rédiger
est à la portée de tous. Et, surtout, qu’avec le temps, vous y trouverez du plaisir.
L’écrit vise une cible à travers un objectif
Cet objectif est toujours le même : c’est un processus de conversion de la cible (le lecteur/récepteur) en émetteur.
Il doit aboutir à un résultat : l’établissement du contact.
Mais les récepteurs de votre communication commerciale ne sont pas tous des
cibles aux profils similaires. Les fonctions et les métiers dans une entreprise
diffèrent.
Il faut donc catégoriser ces cibles en identifiant pour chaque type
d’acheteurs, ses intérêts spécifiques.
Écrire c'est écrire à quelqu'un.
Ainsi, un responsable des achats sera
sensible aux arguments de prix, de rentabilité (en terme d’amortissement) ou
de financement.
Le responsable technique s’intéressera aux fonctionnalités, aux
garanties, tandis que le dirigeant s’interrogera sur votre compagnie en regardant
son expérience et ses références.
Nous choisirons alors nos arguments, nos exemples, notre vocabulaire, en fonction des caractéristiques de nos cibles.
- Règle N°1
Pas d'écrit professionnel sans analyse préalable des différentes cibles.
Quelques règles essentielles sur la structure de l’écrit
Qu’est-ce qui agit sur le lecteur et lui donne envie de vous lire ?
Prenez un magazine. Feuilletez-le et cornez les pages que vous auriez l’intention de
lire. Pourquoi avez-vous choisi ces pages ?
La présentation de l’article vous
a plu ?
Le titre vous a intrigué ?
Vous avez été interpellé par l’intertitre ?
L’illustration qui l’accompagne vous
a séduite ?
Le sujet vous intéresse ?
En fait, même si le sujet vous intéresse, vous constaterez que ce n’était pas la raison qui explique votre choix.
Quels sont alors les éléments qui ont
produit cette impression favorable ?
Comment ces pages ont pu retenir votre attention
et vous donner envie de lire l’article ?
Voyons les procédés qui vont inciter le lecteur à vous lire.
L’écrit en pleine forme
On a jamais 2 fois la chance de faire une bonne première impression dit-on fort à propos.
Avant la lecture et l’analyse, la mise en page est cette première
impression.
Un texte écrit d’un seul bloc, même s’il est bien structuré et compréhensible,
rebutera le lecteur.
Soignons donc notre texte pour le rendre plus agréable à
la lecture.
Donnons lui de l’air !
Comment ?
- en réduisant à 15 mots la largeur du texte,
- en passant fréquemment à la ligne,
- en faisant des énumérations,
- en mettant en valeur des mots ou des phrases,
- en détachant des paragraphes,
- en faisant varier leur longueur,
- en les reliant par des intertitres.
- Règle N°2
Donnez l’envie de lire par une mise en page agréable.
Le plan se débauche
Votre lecteur est pressé. Son temps de lecture est limité. Il cherche des solutions, des informations.
Le plan en pyramide inversée présente l’information par ordre d’intérêt décroissant.
Du plus simple au plus compliqué… du plus concis au plus détaillé… etc.
Pour
appliquer le principe de la pyramide inversée, il suffit de rédiger l’article
en répondant aux questions :
Qui est concerné ?
Quel est le problème ?
Comment le résoudre ?
puis de déplacer la solution vers le haut.
Cette conclusion dans l’en-tête de l’article est le moyen le plus efficace pour attirer et conserver le lecteur qui cherche des résultats.
- Règle N°3
Présentez votre argument majeur au début de votre message.
Titre et surtitre en hameçons
Le surtitre, comme son nom l’indique se place au-dessus du titre, généralement
en caractères plus petits.
Même s’il n’est pas indispensable, il structure l’information
en répondant aux questions QUOI ? COMMENT ?
Plus qu’informer sur le contenu, le
titre doit accrocher.
Reprenez votre magazine.
Qu’y trouvez-vous ?
Des titres
qui donnent à la fois le thème de l’article, le ton et sa finalité.
Les journalistes
sont très créatifs quand il s’agit de « sortir » un titre et nous apprécions
souvent leur habileté.
Pourquoi l’écrit professionnel n’emprunterait-il pas leurs
techniques ?
Il faut annoncer la couleur. Droit au fait : donnons au titre un message essentiel, comme l’avantage d’un bénéfice, d’une économie, d’un résultat.
Cette promesse d’un gain sera justifiée par l’écrit qui en apportera la démonstration.
- Règle N°4
Soignez vos titres pour intéresser d’emblée le lecteur.
Des chapôs qui décoiffent
Ce sont ces paragraphes placés sous le titre.
Ils résument et éveillent la
curiosité du lecteur pour lui donner envie de lire l’article en entier.
Ces premières
phrases sont donc essentielles.
Elles permettent au lecteur de connaître d’emblée
le sujet traité et de juger de sa pertinence par rapport à son besoin d’information.
Le chapô est donc l’antichambre de l’article. Il doit être tonique et accrocheur.
- Règle N°5
Suscitez intensément l'intérêt du lecteur dans votre introduction.
Les intertitres du Petit Poucet
Comme autant de cailloux blancs, les intertitres marquent le chemin vers l’objectif que vous avez assigné à votre article.
Ils sont courts — 5 ou 6 mots maximum. Ils structurent votre propos et font progresser la lecture dans la cohérence.
Le lecteur jouant à saute-mouton en balayant le texte, passant du titre aux intertitres, ceux-ci ont donc un rôle important à jouer :
- ils accrochent l’attention du lecteur,
- ils facilitent la lecture en jalonnant son itinéraire,
- ils le renseignent sur l’essentiel,
- ils permettent une lecture sélective.
Les intertitres servent aussi à relancer l’intérêt pendant la lecture.
Ils peuvent renseigner sur le contenu du texte qui suit mais doivent avant tout
piquer la curiosité du lecteur.
L’intertitre devient alors, moins informatif,
plus créatif.
- Règle N°6
Éclairez le chemin de lecture par des intertitres nombreux.
La conclusion conclusive
« Diantre ! s’exclame le lecteur parvenu à cet endroit et qui vient d’obtenir, pour récompenser son assiduité, une remise de 20 % sur sa prochaine commande d’une mission hiseo, si la conclusion est en tête de l’article, pourquoi une autre ? »
Dans cette conclusion, reprenez tous les avantages que vous proposez.
Cette répétition ne nuira pas. Bien au contraire : elle va ancrer votre message dans la mémoire du lecteur.
Puis, incitez le lecteur à passer à l'action : invitez-le à prendre contact, proposez-lui une documentation plus technique, une visite…
- Règle N°7
Concluez en récapitulant tous les avantages et provoquez une prise de contact.
Vous découvrirez, dans la suite de l’article, quelques règles rédactionnelles.










JL le 19.11.2007 @ 09:11
Merci pour ces conseils.
Concernant la règle numéro 1 et le Web on ne connait pas le profil du visiteur . Comment lui donner l'information qui correspond à ce qu'il cherche ?
Merci de votre réponse.